La différence d’âge dans le couple : un voyage dans le temps ?

Une expérience il y a quelques années me revient au galop à la suite d’une rencontre avec une charmante jeune femme. Je suis quadragénaire et elle a la moitié de mon âge. Je suis donc ce qu’on appelle en anglais « mid-life », soit au milieu de ma vie, tandis qu’elle commence à peine sa vie d’adulte. Quand j’étais trentenaire, j’étais déjà sorti avec une jeune fille qui avait un peu plus de la moitié de mon âge. Là, on se retrouve face à un choc qui, pour peu que les deux aient une culture semblable, pourrait s’apparenter à un voyage dans le temps.

Je m’explique. Au delà d’une différence de niveau d’expérience qui peut exister dans un couple ordinaire, en fonction du parcours de vie ou d’une différence d’âge modérée, lorsque la différence d’âge devient choquante pour une partie de l’entourage, elle entraîne un décalage dans les étapes de vie qui peut devenir violent. Là, dans un premier temps, le vieux doit attendre que la jeune passe enfin des étapes qu’il a accomplies dans un passé lointain, puis plus tard, la jeune risque de se trouver frustrée de voir son partenaire décliner trop vite, perdant peut-être son attractivité, sa vigueur et ses envies sexuelles ou encore certaines de ses facultés intellectuelles ou physiques.

Mais là, toujours par expérience, j’ai envie de mettre un gros bémol : je me retrouve à être à nouveau attiré par des femmes plus jeunes après en avoir déjà fait l’expérience, souffert des décalages et m’être résolu à trouver quelqu’un de mon âge.

On ne vieillit pas tous au même rythme et je me trouve dans cette douloureuse situation d’observer le déclin de ma compagne actuelle, née une année avant moi, et qui a vu son abdomen chamboulé par sa grossesse au-delà de 40 ans, avec un ventre qui n’a plus dégonflé conduisant des gens à la féliciter de sa deuxième grossesse, une infection et une dégradation de son système digestif, la poussant à suivre des gourous et exclure une grosse partie de son alimentation. La sexualité a quasiment disparu depuis que nous sommes parents et elle m’a aussi clairement fait comprendre qu’elle ne voulait plus d’enfant. Nous aurions certes dû réfléchir à la question avant de faire le premier, mais elle est ressortie traumatisée de son accouchement, tandis que de mon côté, j’ai constaté la difficulté d’avoir qu’un seul enfant, qui n’a donc pour principale compagnie que ses parents, plutôt que ses frères et soeurs. J’ai alors remarqué à quel point j’avais déchargé mes parents depuis mon plus jeune âge, juste en jouant avec les plus petits et j’aurais alors bien voulu que quelqu’une me relaie dans ma mission de jouer aux DUPLO…

Et là de m’interroger : ma vie est-elle déjà finie ? Dois-je déjà vivre comme un vieux alors que mes parents dorment encore ensemble ? Dois-je attendre comme un idiot que mon fils ait 20 ans


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